L’évolution des canons de la beauté

La beauté a toujours exercé une fascination sur l’Homme, par son approche de la perfection. De tous temps, les hommes ont cherché à se rapprocher de cette perfection, afin de se sentir moins « petits », plus proche du divin, quelque soit leur genre, masculin ou féminin. Que ce soit par l’Art (peinture, sculpture, musique,…), le culte de l’apparence physique, cette attirance pour la perfection est là. La quête de la beauté physique touche peut être plus particulièrement les femmes que les hommes, qui sont quand même concernés mais plus indirectement. Beaucoup de femmes ont essayé et essayent encore de se rapprocher de la perfection de la beauté incarnée dans la mythologie grecque par Aphrodite, et dans la mythologie romaine par Vénus. Cette folie de la poursuite de la beauté par les femmes fait pour Erasme une grande partie de leur charme, et il mentionne cette folie pour lui typiquement féminine à plusieurs reprises dans son Eloge de la Folie.
Le caractère subjectif de la beauté, ce qui fait son insaisissabilité, a amené l’Homme à la création et l’évolution de canons de la beauté, essentiellement féminine, au fil des siècles.

I-                    Qu’est-ce qu’un canon de la beauté ?

La beauté physique est déterminée par des normes, qui doivent être respectées par les individus s’ils veulent être considérés comme beaux. Elles correspondent à des mesures, une harmonie, une combinaison de caractères. Ces normes varient au fil des siècles, s’inversant du tout au tout en peu de temps parfois. Il détermine si une personne est belle ou pas, en fonction de son apparence et de l’époque à laquelle elle vit. Dans les deux parties suivantes seront développés les différents canons de beauté à travers les siècles, mais surtout en Occident et en France.

II-                  Les canons de beauté féminine à travers les époques

  • Dans l’Egypte ancienne, la belle femme est jeune, mince, élancée, musclée, mais avec des hanches et des fesses rebondies.

    Femme égyptienne

  • A l’Antiquité, en Grèce et dans l’Empire Romain, le corps athlétique est exalté, les proportions parfaites admirées. Les femmes comme les hommes s’exercent au sport, appliquant ainsi la devise « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain).Peu de maquillage était utilisé. En accord avec l’amour du sport existant à cette époque, la femme idéale est jeune, athlétique, et bien proportionnée, comme l’Aphrodite de Cnide faite par Praxitèle au IVe s.

    Venus de Milo

  • Le Moyen Âge signe l’apparition de nouvelles caractéristiques propres aux femmes. Le visage prend une importance particulière, le front haut, grand, afin de donner un air juvénile, pré-pubère. La peau devait être la plus blanche possible, symbole de pureté. La silhouette est fine, les hanches étroites, les seins petits et écartés, même si le ventre est rebondi. Le maquillage étant interdit par l’Eglise, les femmes présentent leur visage sans artifice. Les cheveux blonds et ondulés étaient aussi un signe de beauté.
  • La Renaissance incarne un nouveau tournant dans la beauté féminine. La mode est aux courtisanes vénitiennes, considérées comme les plus belles femmes. Cheveux d’un blond vénitien, femmes charnues, le corps tend vers l’opulence. La silhouette est formée en X, avec une poitrine généreuse et des hanches larges. La peau quand à elle continue d’être très blanche.
  • Le XVIIe siècle, siècle classique, la beauté est artifice. La taille doit être fine, la poitrine opulente. Le buste est sévèrement maintenu dans un corset, de l’ampleur est donnée aux hanches par des paniers. La peau est très blanche, très poudrée, avec les lèvres rouges, faisant ressortir la sensualité féminine. Certaines nobles vont jusqu’à se surligner les veines de bleu, pour montrer leur lignage. Les cheveux sont cachés sous une perruque poudrée de blanc, pouvant atteindre des tailles très importantes.

    Femme du XVIIe

  • Le XVIIIe siècle, siècle des Lumières, marque un retour vers des beautés plus naturelles. Les femmes sont moins fardées, mais se collent des mouches, petits morceaux de taffetas noir, ayant diverses significations suivant leurs positions. Les coiffures sont moins strictes, mais savamment décoiffées. La silhouette quand à elle reste semblablement la même.

    Marie Antoinette

  • Le XIXe siècle voit l’apparition de deux idéaux de beauté féminine.
    – En premier, la bourgeoise vertueuse, fier reflet de ses nombreuses maternités et de la réussite de son mari, potelée, peu ou pas maquillée, la peau laiteuse. Sa silhouette est façonnée par un faux-cul, la taille la plus fine possible, serrée par un corset, mettant en avant une poitrine généreuse.
    – Le deuxième idéal de beauté se révèle très différent de la bourgeoise accomplie : c’est celui de la « belle malade ». A l’opposé de la bourgeoise bien en chair, la « belle malade » est mince, presque maigre, le teint cireux, et des yeux cernés.
    Que ce soit l’un ou l’autre de ces canons de beauté, c’est les brunes qui triomphent, leur couleur de cheveux rappelant l’exotisme et la sensualité des femmes orientales, admirées à cette époque.
  • Le XXe siècle marque l’affirmation de la libération du corps féminin. Les femmes quittent leurs corsets et leurs couches de vêtements pour des tenues moins chargées. Le corps mince devient synonyme de bonne santé, le corps devient androgyne, avec des épaules musclées, une allure élancée, de petits seins et des cuisses galbées. Cette femme androgyne est très présente à partir des années 1920 avec la mode garçonne. Les tailles sont peu marquées, la silhouette se fait longiligne.Après la Seconde guerre Mondiale, la femme mince n’est plus autant appréciée, elle redevient le signe d’une mauvaise santé. Les femmes plus pulpeuses sont à l’honneur, tel Marilyn Monroe.
    Cependant, la femme mince redevient rapidement symbole de beauté, jeune, dynamique, elle a aussi le teint hâlé. En effet, c’est le début du règne du bronzage, dû à l’émancipation de la femme, de son rôle à l’extérieur de la maison, ainsi que des vacances passées au soleil.

III-                Les canons de beauté masculine à travers les époques

  • Dans l’Antiquité, comme pour la femme, c’est l’homme jeune, athlétique qui est célébré. Les proportions doivent être respectées et esthétiques.

    David de Michel Ange

  • Au Moyen Âge, l’homme idéal est grand, fort, avec des cuisses épaisses.
  • Lors de la Renaissance, en même temps que les mouvements humanistes le corps masculin est magnifié. On redécouvre l’Antiquité et ses modèles, c’est donc le retour de l’idéal de l’homme athlétique.
  • Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’homme se maquille, se poudre, met des perruques, tout comme les femmes. Certains conservaient leurs vrais cheveux, mais les frisent.

    Louis XVI

  • Au XIXe, en parallèle du bourgeois bedonnant, se développe la figure du dandy. Fin, élégant, il cherche l’esthétisme à tout prix, ainsi que la sensibilité. L’homme n’est plus rustre, il se féminise. La moustache est très appréciée et soignée.

    Dandy

  • Lors du XXe, l’homme idéal est grand, musclé, ou simplement athlétique, la moustache disparait pour laisser place à la barbe de quelques jours,
    négligée ou travaillée, et à un rasage de près.

Les idéaux de beauté masculins ont moins variés en France que ceux féminins. Les idéaux de beauté ont évolués en fonction de la société, tantôt rigide et stricte comme au Moyen Âge, tantôt exubérante comme au XVII. De nos jours, l’idéal féminin est à la minceur, presque maigre selon la mode, élancée, les cuisses fines et la poitrine ronde, et de grande taille. L’idéal masculin reste varié, cependant la mode est aux hommes grands, athlétiques et soignés. Hommes comme femmes font attention à leur apparence car dans la société actuelle, le physique fait parfois meilleur avocat que l’âme.
Cependant, comme vu précédemment, les canons évoluent, et de plus en plus vite, le plus important pour nous en tant qu’individu est donc de se sentir bien dans notre corps, et non pas de se contraindre de ressembler aux canons actuels.

Sources :

http://www.journaldesfemmes.com/beaute/0704-histoire/presentation.shtml
http://www.intellego.fr/doc/1849

http://www.masculin.com/style/534-les-canons-masculins-a-travers-les-epoques/

http://www.masculin.com/style/534-les-canons-masculins-a-travers-les-epoques/

http://www.intellego.fr/doc/1849

http://www.dandies.fr/definir-le-dandysme

Le costume et la mode – Gallimard

Pour l’amusement :

http://www.ufunk.net/artistes/beautes-classiques-a-photoshop

http://fluctuat.premiere.fr/Diaporamas/La-beaute-masculine-art-vs-realite-3161816

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