Le Loup de Wall Street, cinéma et culture du viol

Hier soir, j’ai regardé le Loup de Wall Street, un film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio sorti en 2013.
Lors de sa sortie, j’en avais lu les louanges dans de (nombreux) tweets de connaissances. Cependant, je n’ai pas eu le temps d’aller le voir au cinéma. C’est donc tranquillement, posée dans mon lit avec un bol de soupe, que j’ai décidé de combler cette lacune cinématographique.

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Drogues, violence et sexe dans tous les sens, voilà comment je définirai le film, qui parle finalement assez peu de finance. Un côté Las Vegas Parano, comme beaucoup l’ont remarqué.
Se déroulant dans les années 90, l’ensemble reste globalement misogyne. Les hommes font avancer l’histoire, les femmes restant au second plan, comme coup d’un soir, prostituées ou domestiques. Les seuls rôles féminins ayant un personnage un peu travaillé sont les deux femmes de Jordan Belfort (DiCaprio), la tante Emma et une de ses employés. Il n’y a qu’une femme importante dans le scénario du film, c’est la seconde femme.

Une scène m’a vraiment bouleversé. Elle se passe dans la seconde moitié du film et dure à peine 5 minutes. Une scène de viol conjugal. Jordan rentre chez lui, sobre, épuisé après avoir appris de mauvaises nouvelles. Il retrouve sa femme Naomi dans la chambre, à côté du lit. Il lui parle, la serre contre lui, lui dit qu’il a envie d’elle. Il la déshabille de force, l’allonge sur le lit et commence à la prendre malgré ses protestations. Au bout d’un moment elle finit par céder et lui demander de la « baiser comme si c’était la dernière fois ». A partir de ces paroles, elle se fige, inerte, le visage fermé, attendant qu’il finisse. Lui, s’agite, s’amuse en elle, et annonce à la fin que c’est la meilleure baise de sa vie.
Toute la scène, la caméra est braquée soit sur l’ensemble du lit, soit sur les visages des protagonistes. Le spectateur ne peut en louper une miette.

J’ai lu plusieurs critiques françaises du film. Elles évoquent toutes les abus de drogues, les soirées avec des prostituées (soit 75% du film), les violences conjugales. Mais aucune n’évoque clairement le viol conjugal. Aucune. Et j’ai cherché.
Pourtant, cette scène, bien (trop) visible arrive juste avant que Jordan ne frappe sa femme suite à l’annonce de son souhait de divorcer. Je ne comprends pas pourquoi.
Il n’y a pas pire horreur que celle de pénétrer l’intimité de quelqu’un contre son gré. Je ne comprends pas pourquoi personne ne l’a relevé.

La scène en  elle-même se justifie dans le cadre d’un film se déroulant en 90. Comme les autres scènes du film, elle respecte la « normalité », la « morale » de l’Amérique à cette époque. Je pense particulièrement à la scène où Leonardo DiCaprio découvre que son majordome organise des parties gay dans son appartement. Or, cette homophobie latente a était décrite dans différentes critiques.
Pourquoi pas le viol ?

J’ai plusieurs explications possibles. On est habitués à une industrie du cinéma où les rôles féminins restent très stéréotypés. La femme est jeune, jolie et soumise à la figure masculine, d’ailleurs souvent plus âgé (l’image du mari-papa, on nage –vraiment- en plein paternalisme). On trouve normal que dans les films que la femme mariée soit soumise à son mari, parce qu’elle l’a choisi.
Dans les films, la violence est physique, sanglante, visible. Ici, même si l’on voit que ça ne va pas, il n’y a pas les marqueurs habituels de la violence, alors qu’ils sont présents quelques minutes après, lorsque Jordan frappe de ses mains sa femme.
De plus, Naomi fini par céder à son mari, mais IL EST DEJA TROP TARD. Mais sa soumission suffit à flouter l’extrême violence du viol.
Il ne faut pas oublier non plus que le viol conjugal, même s’il représente plus de 50% des viols en France, reste un concept flou pour une personne ne connaissant pas le terme. Il n’est reconnu en France que depuis 1992 et continue d’être encore débattu aujourd’hui.

Le cinéma continue de nos jours à véhiculer des stéréotypes pouvant porter à préjudice, donnant lieu à des interprétations floutées de notre société, capable de renforcer des comportements dangereux. Par certains aspects, par certains films, le cinéma renforce le sexisme, la culture du viol, et c’est grave. Si un crime aussi grave qu’un viol conjugal n’est pas décelé alors que le spectateur est forcé à le voir, comment pourrait-il être décelé dans la vie quotidienne, au détour d’une conversation amicale ?

Je n’ai qu’une chose à ajouter.

la culture du viol

la culture du viol

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Entretien avec : Luw

Bonjour !

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter une jeune photographe dont  j’apprécie beaucoup le travail : Ludivine Gourcerol, dite Luw. Ses photos allient souvent légèreté et émotion, avec beaucoup de douceur, et ne laissent jamais de marbre. Elle a très gentiment accepté de répondre à mes questions.

 

 

– Bonjour Luw, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Ludivine, j’ai 20 ans, j’habite à Limoges. Je suis étudiante en première année LLCE anglais  🙂

 

– D’où tiens-tu ton pseudonyme Luw ?

Mon pseudonyme est un diminutif de mon prénom que je n’apprécie guère.

 

 Comment as-tu appris la photographie ? Quel matériel as-tu utilisé et utilises-tu ?

J’ai appris la photographie grâce à mon père puis après j’ai appris les bases seules, j’ai cherché dans les forums/livres les détails de chaque mode. J’ai commencé avec un compact Nikon, puis après un bridge Panasonic et enfin mon premier reflex CANON 🙂  . En ce moment j’ai un 600D.

 

– Quel est ton parcours en tant que photographe ?

Mon parcours? Eh bien je me suis entraînée à faire des auto-portraits puis à prendre mes amies et j’y ai pris vite goût !  🙂 J’ai pu évoluer petit à petit.

 

– Quelles sont tes sources d’inspirations ?

J’en ai pas vraiment. Mais j’admire beaucoup de (jeunes) photographes amateurs ou non.

 

– As-tu des personnes qui te motivent dans ton travail ? (Famille, amis, icônes ?)

Mes amis et bien sûr les adhérents à ma page m’encouragent beaucoup !  🙂

 

– Qu’est-ce qui t’intéresses le plus dans la photographie ?

Ce qui m’intéresse le plus c’est de pouvoir captiver les émotions/expressions de mes modèles ! Et aussi de m’évader à travers mon objectif.

 

– Etant jeune artiste, quelles difficultés rencontres-tu ? Au niveau de ta famille, de tes études, personnel ?

Les difficultés? Je n’intègre pas la photographie à mes études ni à autre chose. Je préfère l’exercer à part. Ça n’influe pas mes résultats scolaires ou autre.

 

– Tu tiens une page Facebook depuis 2009, ainsi qu’un site web, comment t’es venu cette idée ?

L’envie d’avoir des avis pour progresser/améliorer mon travail, et bien sur le plaisir de partager ma passion.

 

– Aujourd’hui, plus de 7500 personnes aiment ta page Facebook et te suivent. Comment ressens-tu cette notoriété ?

Je ne pense pas qu’avoir un certain nombre de fans change quelque chose.. Mise à part que mon travail commence peu à peu à être connu et ça me fait plaisir de recevoir des encouragements !  🙂 Je ne prête pas une particulière attention aux nombres de fans.

 

– De nombreuses pages de photographies fleurissent sur les réseaux sociaux, comment te positionnes-tu face à cette expansion ?

Je trouve que la photographie est un « effet de mode » pour beaucoup. Après il y a plusieurs personnes qui ont cette passion ancré en elles, et ça me fait plaisir de voir que ce n’est pas juste le fait d’avoir « x » fans qui les préoccupent !  🙂 On y découvre de beaux talents d’ailleurs ! Un bon moyen de découvertes 🙂

 

– Comment vois-tu ton avenir ? Quelles sont tes ambitions pour la suite ? Comptes-tu faire de la photographie un projet professionnel ?

Je suis déjà auto-entrepreneur et je compte bien réussir. Après il faut avoir de la motivation et j’en ai, malgré quelques moments de remises en question évidemment 🙂 . Après je ne veux pas en faire mon métier principal, ce qui compte beaucoup pour moi est de réussir dans mes études en langues. 🙂

 

Merci beaucoup Luw d’avoir accepté de répondre à mes questions !

De rien merci beaucoup 🙂

 
Si vous voulez admirer son travail,
Voici sa page Facebook : http://www.facebook.com/pages/Luw/181781509448
Et son site Web : http://www.luw.book.fr/

 

Retour sur un phénomène : Gangnam Style de Psy

Vous avez surement entendu parlé de Gangnam Style autour de vous. Gangnam Style, ou le tube planétaire de Psy qui a révélé à beaucoup qu’en Corée, les chanteurs existaient aussi. Gangnam Style, le clip au un milliard de vues.
Bref, vous voyez de quoi je parle.

(Pour ceux qui ne voient pas, petite séance de rattrapage : )

Sorti sur internet à la mi-juillet, mais vraiment relayée en septembre partout en France, cette chanson a fait sensation, de par son originalité (entendre du coréen sur une radio française, c’est sur ça surprend!) et par le côté très humoristique de son clip.

Cette chanson, très relayée par les médias (télévision, radios) a séduit beaucoup de jeunes, qui se sont mis à reprendre la chorégraphie un peu partout.

La K-pop avait-elle fait une percée dans les médias du monde occidental ? Non, juste une chanson.
Le monde connait Psy, mais pas SHINee ni Big Bang et Girl’s Generation.
Les fans de K-pop, pas toujours très tolérés, auraient pu s’attendre à un regain d’intérêt pour leur passion, mais les retombées positives sont peu nombreuses.

Je ne sais pas ce qu’ont ressenti ces passionnés, mais je suis déçue. Déçue que les personnes ne soient pas allées plus loin que le simple effet de masse de la mode, et ne se soient pas ouvert à une nouvelle culture. Déçue que les fans de K-pop ne soient aujourd’hui pas respectés comme les fans de rock, RnB, etc.

Mais, cette diffusion massive de cette chanson de Psy ouvre un espoir : que de la musique asiatique puisse se répandre sur les ondes et dans les médias, et qu’elle ne soit plus dénigrée.
Actuellement, nous sommes très renfermés sur « notre » musique occidentale, s’ouvrir au reste du monde pourrait nous en apprendre beaucoup.

Movin’ Melvin Brown

Mercredi soir, je suis allée voir au théâtre le spectacle  Me, Ray Charles and Sammy Davis Junior.
Je ne savais pas trop ce que j’allais voir, un spectacle de jazz, de danse, un show provenant des Etats-Unis avec de la pêche. Je ne connaissais absolument pas Melvin Brown, et encore moins son univers.

C’est donc avec une grande envie de découvertes que j’allais au théâtre ce soir là.

Dans la salle, un air de jazz flotte, sur scène, une batterie, un clavier, une contrebasse et une guitare font face au public.

Et là, une avalanche de son, de lumière, et d’énergie, qui s’engouffre dans votre esprit et met votre coeur en joie. Car c’est ça Movin’Melvin Brown. C’est un homme, un performer, heureux d’être là, qui vous ouvre son coeur et vous raconte des anecdotes  ou histoires drôles. C’est un homme qui aime ce qu’il fait, qui aime la musique, et qui vous le fait partager. c’est un homme qui vous fait lever de votre siège, et danser avec le reste de la salle.
C’est ça, Melvin Brown.

Voici un petit aperçu vidéo de son spectacle :

Si vous pouvez aller voir cet homme sur scène, n’hésitez pas ! Je vous assure que vous serez ravis !