Bilan de 2014 et projets pour 2015 !

Bonjour et bonne année à tous !
Qui dit nouvelle année, dit bilan de la précédente. J’admets avoir quelque peu piqué l’idée sur un post de Nella Fragola !

2014 a été une année particulière à mes yeux.En dehors de la prise de conscience expliquée dans mon dernier article, de nombreuses choses négatives me sont arrivées. Je suis passée d’étudiante ingénieur à sans école/sans travail, pour être maintenant volontaire en service civique, ce qui n’était clairement pas prévu au départ. J’ai fait de mauvaises découvertes, était malade, fini à l’hôpital. Pas très optimiste tout ça !

Heureusement, à côté de ça, il y a eu plein d’aspects positifs !
C’est parti pour une petite rétrospective de l’année 2014 !

Janvier

Au tout début de l’année, j’ai eu la joie d’apprendre la naissance de ma troisième nièce ! C’est vraiment un adorable petit ange ! Je n’ai pas l’occasion de la voir très souvent, mais à chaque fois c’est un vrai bonheur.

Février

L’anniversaire de ma petite soeur ! Il avait lieu juste avant mes vacances, mais j’ai pu rentrer pour le repas du week-end afin de le lui fêter avec toute la famille !

Mars

Le Gala de l’école ! Les retrouvailles avec les étudiants partis en stage dans tous les coins de la France, une soirée entre amis, un vrai bon moment ! Il faut dire que les « anciens » nous l’avaient vendu à coup de rêves !
C’est compliqué à expliquer, mais pour moi ça reste une pépite de joie dans ma vie.

Avril

Tin-tin-TIIIIIIN !!!
La Wackii Time Party 4 !
Affiche Wackii Time Party 4Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une série de soirées électro, centrées sur la Trance, se déroulant sur Paris. Elles sont organisées autour d’Alex Wackii, jeune DJ français très prometteur (et adorable !)
Mon ami de longue date Brendan m’y avait invité, et il a vraiment bien fait ! Une équipe sympathique, dans une salle agréable, avec une ambiance familiale… Que demander de plus ?
Ah, oui, le set de Wackii.

Mai

Les XXé Ovalies.XX OvaliesPlusieurs journées de matches de rugby organisées par mon ancienne école.

Le jour, j’étais bergère d’une école, c’est à dire que je guidais une équipe d’une autre école que la mienne sur le tournoi.
Le soir, je faisais la fête avec mes amis. Chose drôle, un de mes amis avait pile son anniversaire durant les Ovalies ! Je pense qu’il s’en souviendra pendant un bon moment 😉

Lot of fun !

Lot of fun !

Ca m’a vraiment sorti de ma routine. C’était quelques jours où j’étais à 400%, levée à 6h, couchée à 3h, mais toujours motivée ! Il faut dire que j’avais une équipe géniale, très enthousiaste, un vrai bonheur à encadrer ! (Sauf au lever le matin, mais ça, hein…)

Juin

Le 6 juin 2014, les 70 ans du Débarquement.
Mémorial de Caen 70 ansOuaip, c’était un évènement important pour moi. Mes grands parents paternels sont normands, ils ont vécu le débarquement, alors à chaque fois qu’il y a un anniversaire, c’est la folie !
De plus, cette année le Mémorial de Caen s’est drapé d’une fresque illustrant le débarquement à l’occasion de l’anniversaire. Sur cette fresque figure un dessin de ma grand-mère fait par un soldat anglais lors du débarquement. Lorsqu’on est allé voir cette fresque avec ma grand-mère, c’était vraiment avec le coeur empli d’une vive émotion ! Pour moi, ça fait partie des petites choses inattendues de la vie mais lourdes de sens, de signification.

Juillet

Le mois le plus deeeeeeense de mon année !
J’étais en stage agricole durant tout le mois, le week-end je profitais d’être proche de chez mon copain pour rentrer le voir.
Ce stage était une expérience très enrichissante. J’étais épuisée tous les soirs, mais tellement heureuse de pouvoir faire quelque chose d’utile ! De plus, j’étais accueillie dans deux familles vraiment adorables, avec qui j’ai vraiment appris sur le plan humain. Malheureusement, j’ai appris durant mon stage que je n’étais pas reprise dans l’école pour l’année suivante.
Je bougeais beaucoup durant le week-end, que ce soit sur Rennes ou sur les alentours. C’est ainsi qu’avec mon copain, je suis allée pour la première fois à St Malo !

La meeeer !!! Mon éternel amour !

La meeeer !!! Mon éternel amour !

Ne pas voir l’océan me manquait beaucoup, il a vraiment vu juste en m’y emmenant ! Bon, d’accord, là c’est la Manche, mais ça passe… Surtout avec la galette et le lait ribot du midi !

Août

Le mois de tous les changements !
N’ayant plus d’écoles, j’ai déménagé à Rennes, avec mon copain. Ma situation était vraiment précaire (pas d’étude/pas de job) mais j’étais heureuse ! Je prenais un nouveau départ !
De plus, c’était un peu les retrouvailles avec le Bren. On s’est offert deux jours sur Molène, une toute petite île située non loin de Brest.Pour lui, c’était un retour en enfance, et je dois avouer que pour moi aussi ! Le plus beau, c’est qu’on était venu avec une tente pour la nuit et, surprise, on a eu un logement en dur ! Bref, j’ai hâte de remettre ça.

Regardez-moi ça ! Magnifique n'est-ce pas ?

Regardez-moi ça ! Magnifique n’est-ce pas ?

Molène 2
Septembre

Il était temps pour moi de décrocher un boulot. Finalement, j’ai pu décrocher un service civique ! Il a ceci de pratique d’être un engagement de longue durée, avec des horaires flexibles, sur un rythme de 24h/semaine. Et l’ambiance de travail est vraiment agréable ! Je reviendrai surement sur mon service civique dans un prochain article.

Quelques jours après la signature de mon contrat, je retournais sur Paris, accompagnée du Bren et de mon copain.
Et nous allons à….
TIN TIN TIIIIN
WTP5La Wackii Time Party 5 !
C’était toujours autant la folie que lors de la WTP4. Il n’y a qu’à regarder l’aftermovie pour comprendre ! Ou sinon, il y a un petit paquet de photos ici !
J’ai pu revoir plein de personnes dont j’avais fait la connaissance lors de la précédente édition, et en rencontrer d’autres, toujours dans un esprit de convivialité et de partage. et ça, ça fait du bien !

Octobre

Le début de mon service, et ça, c’est cool ! \o/
Et, mes cheveux mauves. Merci au coiffeur qui s’est acharné sur ma tête !

Novembre

Mon septum. J’avais oublié que ça faisait si longtemps !
Je l’ai fait sur un coup de tête, en sortant d’une formation. Je suis partie chez le perceur à la base uniquement pour faire la langue, que je souhaitais depuis longtemps. Arrivée là-bas, j’ai demandé la langue et le septum. Lors du perçage pour le septum, j’ai haï ma décision. J’en avais les larmes aux yeux. Et quand j’ai vu le bijou posé, j’ai adoré. Les avis sont très divers autour de moi, mais pour moi il est adorable !1

Décembre

LES VACANCES
Pour la semaine de Noël, mon copain et moi sommes allés avec sa famille en Savoie, voir la neige ! C’est la première fois que je suis allée à la montagne en hiver, j’ai adoré ! (même si mes capacités sur ski sont plus que médiocres…)
Cependant, il y avait peu de neige. On en a donc profité pour faire plein de promenades et prendre des photos !
Savoie

De l'eauuu !

De l’eauuu !

Toujours plus d'eauuu !

Toujours plus d’eauuu !

En parallèle, durant les derniers mois de l’année, j’ai été intégrée à l’équipe de Je Suis Indestructible France, dont je m’occupe principalement du @JSIfrance. Je me sens profondément concernée par les valeurs que défend JSI, ce qui peut se comprendre au regard de mon précédent article.
Je remercie vraiment l’équipe de Je Suis Indestructible France de m’avoir acceptée parmi eux. M’impliquer dans ce bénévolat, c’est une énorme chance pour moi de porter mes valeurs et d’échanger sur des idées que je défends. Merci beaucoup à l’équipe québécoise de Je Suis Indestructible d’avoir créé ce projet.
Ensemble, on peut vraiment changer les choses, bouger les consciences.

 

Du côté du blog, 2014 c’est 10 articles, des lecteurs issus de 65 pays et un nombre de vues multiplié par 2,5.
Sur la page Facebook, une activité se met doucement en place.
Le Twitter est né il n’y a pas très longtemps, j’essaie de retweeter des articles pertinents de temps en temps.
Je ne m’attendais pas du tout à une telle avancée du blog !

Du côté projets, je me fixe pour objectif de publier des articles régulièrement, au moins une fois par mois. Faire régulièrement des articles en lien avec l’actualité aussi.
Et toujours garder un angle personnel sur les approches !
Je compte faire quelques articles plus centrés sur moi aussi, après tout, c’est un blog personnel !
Niveau aspect du site, j’essayerai en cours d’année de faire évoluer son design, pour essayer d’opter pour quelque chose de moins « commun ».

Merci à tous pour votre soutien durant l’année passée, j’espère vous intéresser tout autant dans l’année à venir !
Je vous souhaite une belle année, remplie de bon moments, à garder comme autant de pépites dans votre coeur et dans celui de ceux que vous aimez.
Bonne année !

 

Le projet « moi aussi »

tumblr_inline_n5zutjuUms1sgwz6j

Le harcèlement de rue est un sujet qui touche beaucoup d’entre nous, il est difficile d’être une fille ou femme et de ne l’avoir pas subi. Dès le plus jeune âge, toute personne peut le subir, en témoigne cet article de 1 Gars 3 Nanas.

Le projet « moi aussi » a pour but de mettre en lumière ce harcèlement pour bouger les mentalités et faire que le harcèlement de rue cesse, ou du moins soit moins présent au quotidien. Pour ça, il propose de mettre en photo de profil sur les réseaux sociaux l’image ci-dessus pour toute personne victime du harcèlement de rue, ou l’image ci-dessous pour soutenir le projet.

tumblr_inline_n5zuu7lP1y1sgwz6j

 

Je vous invite très fortement à participer à ce projet, le partager, et à lutter tous ensemble contre le harcèlement de rue.
Le harcèlement n’est pas une fatalité, je suis une femme et je mérite le respect.

Coeur sur vous ! ♥

Rémi Gaillard, le sexe est libre, mais pas la critique

Comme une bonne partie de l’internet le sait, une vidéo de Rémi Gaillard est sortie hier. Et il n’est pas peu dire qu’elle a fait polémique.
Je ne suis pas particulièrement Rémi Gaillard, c’est un youtubeur dont je regarde les vidéos de temps en temps. En voyant les réactions sur mon twitter, je suis allée voir de ce qu’il en retournait.

Depuis, la vidéo a été bloquée pour les moins de 18 ans, et a entraîné une réaction de son propriétaire.

Publication faceboook de Rémi Gaillard le 29 mars 2014

Publication faceboook de Rémi Gaillard le 29 mars 2014

Face à ce post, j’ai donc publié ceci :

« sans que les prudes et les cons n’aient le droit de nous emmerder. »
Wow, que de jugements cinglants !
Je n’ai pas aimé cette vidéo, ceci fait de moi une conne ? Pourtant, ça fait des années que je suis tes vidéos, j’ai passé de très bons moments à les regarder avec des amis, tu as bien peu d’égards pour ce qui t’ont soutenu mais qui désapprouvent (à tord ou à raison) cette vidéo.

Je ne l’ai pas aimée. C’est pourtant le fil directeur de tes vidéos que de duper des inconnus.
Mais, ce que j’ai vu en la regardant, ce n’est pas une blague potache. C’est la représentation de ce dont toute femme a peur. L’illustration de l’utilisation de notre corps à nos dépends. Notre corps détourné en objet sexuel.
Nous avons la triste habitude d’entendre des commentaires du genre « ah, je me la ferais bien celle-là » « si je le pouvais, je la pendrais direct contre un mur ». Ces phrases, répétées, répétitives,nous heurtent.
Tu l’as illustré.
Comment pouvais-tu croire qu’il n’y aurait pas de réaction négative ? AU contraire, tu devais parfaitement le savoir. Et savoir que ce bad buzz te ferait des vues.

Je ne veux pas faire la morale, c’est juste qu’au lieu de se cacher derrière des remarques arrogantes face à des personnes ayant exprimé leur réaction négative sur la vidéo, il aurait mieux fallu exprimer son point de vue et le pourquoi de la vidéo.

En espérant avoir été claire, bonne fin de journée.

 

Maintenant que je suis sur un espace d’expression plus « large », je vais approfondir mes propos.

Cette vidéo a lancé une bataille « culture du viol » vs « liberté de l’humour »
Les commentaires se limitaient en deux parties (en caricaturant à mort, de « c’est trop drôle, je suis mdr » à « nan mais c’est du n’importe quoi c’est de l’incitation au viol ! »

Mais je ne me fie jamais à ce qu’on me donne au premier abord.

J’ai regardé la vidéo le plus partialement possible, après m’être mise dans le contexte des vidéos de Rémi Gaillard.
Mais non, ce n’est pas passé.
Cet homme a fait sa carrière en se mettant dans des situations absurdes et/ou en piégeant des inconnus.
Là, il piège des femmes. Ça reste dans le thème habituel de ses vidéos.
Le problème ? Il les piège en mimant un acte sexuel avec elles.
Et ça, ça ne passe pas.

Pourquoi ?
Parce qu’en ces femmes (toutes jeunes et attirantes), d’autres femmes se reconnaissent, et des hommes y voient leur amie/femme/soeur. Et ce n’est pas une place où on aimerait voir sa personne ou des proches.
Le sujet du harcèlement ordinaire est souvent débattu sur internet. Des femmes sont régulièrement victimes de remarques désobligeantes (parce que non, nous dire qu’on est bonne N’EST PAS un compliment) et là, c’est tout simplement leur illustration.
Dans les commentaires, on peut lire que comme c’est fait par illusion d’optique, « ça ne compte pas ». Mais bien sûr.
Il joue virtuellement avec le corps de femmes qu’il ne connait pas, mais comme c’est à distance, et pour l’ « humour », ça ne compte pas.
Non, ça reste strictement la même chose. Il joue avec le corps de femmes contre leur gré. Il suffit de voir leurs réactions quand elles s’en aperçoivent pour le comprendre.

Parmi les commentaires, il y avait celui-ci :

Ceux qui y voient une « culture du viol », soignez-vous. Ne pas faire la différence entre de la baise et du viol c’est inquiétant. Et ceux qui y voient du sexisme, faites la même vidéo en inversant les sexes, ça passera tout de suite mieux.

Donc, pour lui, ce que fait Rémi Gaillard dans sa vidéo, c’est de la baise. Sur des personnes non-consentantes. D’accord, tout va bien.

En ce moment, dans ma tête.

Quand à changer les protagonistes de sexe, ça ne transformerait en rien au reproche général. Ce serait quand même jouer avec le corps de quelqu’un de non consentant. (Je crois qu’arrivé à ce point là, il serait intéressant de rappeler que le viol d’homme par une femme existe aussi !)

J’attendais, j’espérais même, une explication de Rémi Gaillard sur sa vidéo, sur le sens qu’il fallait lui donner, et ce qu’il a publié sur Facebook n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Pour lui, ce qui n’ont pas apprécié sa vidéo sont des «prudes» et des «cons», parce qu’à son avis, sa vidéo est correcte et qu’il y a bien pire, comme des vidéos avec «exécution d’êtres humains, cruauté envers des animaux, les Anges de la Télé réalité, etc.»
Donc, ses détracteurs sont cons, et n’en n’ont rien à faire des gros problèmes dans le monde, ce sont juste des rageux qui ne servent à rien.
Bien Joué Rémi Gaillard.
Franchement, bravo, tu as réussi à perdre beaucoup de tes fans de la première heure, et ta crédibilité.

 

 

Edit : Rémi Gaillard a ensuite affirmé sur les réseaux sociaux avoir demandé à chacune de ces femmes après la prise de vue s’il pouvait utiliser ces images d’elles. Toutes les séquences de sa vidéo ont donc été approuvées par ces femmes.

Être dehors, seule.

Il m’arrive souvent sur internet de tomber sur des témoignages de femmes ayant subi du harcèlement. A chaque fois, j’essaye d’analyser, de retirer les réflexes à avoir en cas de harcèlement, etc… Et fatalement je me dit : »Heureusement que ça ne m’est jamais arrivé ! »
Oh wait.
Ça m’est arrivé.

L’année dernière, vers le mois de mai, il faisait un temps superbe chez moi. Du coup, un samedi, je traînais en robe longue (car il faut pas déconner, même si il fait super beau, chez moi, il y a du vent) et talons. Soudain, mon meilleur ami m’appelle, et me propose de passer l’aprèm chez lui, ce qu’on fait dès que possible, lorsqu’on a du temps de libre. J’ai envie de bouger, j’accepte.
Je pars donc à pied, le prévenant comme d’habitude que j’arrive dans dix minutes, le temps de faire le trajet devenu habituel au bout de dix ans à le faire régulièrement.
Il fait vraiment beau dehors, j’ai même un peu chaud. Comme à mon habitude, je mets mes écouteurs avec du Scorpions en aléatoire. Plusieurs de mes voisins de ma rue et de la rue du dessus sont dehors et parlent ensemble. Je m’arrête, échange quelques politesses et nouvelles avec eux, puis repars et remettant mes écouteurs.

Quelques minutes plus tard, je tourne à gauche pour prendre les deux rues qui me permettront d’accéder à la maison de mon ami. Une voiture est garée le long du trottoir. Je la reconnais cette voiture, vitres noires, autocollant sur le coffre, elle est toujours stationnée dans la rue au dessus de chez moi depuis environ un an. Je passe à côté sans y prêter plus attention. Et là, j’entend à travers la musique comme une voix. Je ralenti, et enlève un écouteur.
« -Hé mademoiselle ! »
Oh. Je la connais cette voiture, mais pas son propriétaire. Le seul que je connais qui jeune et susceptible d’avoir une voiture dans la rue au dessus de chez moi et un mec avec qui je jouais étant petite et que j’ai perdu de vue suite à nos études dans des établissements différents.
Pensant qu’il s’agissait de lui, je me penche pour regarder par la fenêtre ouverte. Stupeur, ce n’est pas lui.
« -Salut, ça va ?
– Plutôt oui, mais je ne te connais pas.
– Je suis nouveau ici, et je te vois souvent passer devant chez ma grand-mère. Du coup je ne connais pas trop la ville, tu pourrais me faire visiter ?
– Je ne te connais pas et je suis pressée, mon ami m’attend, je dois y aller.
– Ok, je pourrais avoir ton numéro, comme ça je te recontacte et on se boit un verre ?
– Je ne connais pas mon numéro et je n’ai pas mon portable avec moi. (Non, ce n’est pas DU TOUT la musique sur mon portable que j’écoute!) Au revoir.
Et je suis partie.

J’ai tourné au coin de la rue, marchant rapidement, la musique coupée. J’ai entendu sa voiture redémarrer quand je suis partie. J’ai marché le plus rapidement possible en entendant sa voiture rouler au ralenti derrière moi. Je savais qu’il me suivait. J’ai prit la rue de mon ami. Je savais que la porte de sa maison n’est jamais fermée quand il est là. J’ai donc couru le plus rapidement possible, et ai claqué la porte derrière moi. Je peux encore entendre mes talons claquer dans la rue. Il a tourné lentement dans la rue, et ne me voyant pas, a observé les maisons puis est enfin parti.

J’ai eu toutes les peines du monde à expliqué ce qui s’était passé à mon ami et à son père, aussi présent dans la maison. J’avais peur, je tremblais, et je peinais à trouver mes mots.
Mon ami a passé une bonne partie de l’après-midi à me calmer et à essayer de faire passer ma peur. Le soir, son père m’a ramené chez moi, ne voulant pas me laisser faire seule le trajet du retour.

Pendant plus d’une semaine, j’ai évité de passer par la rue en haut de chez moi, du moins quand j’étais seule. Je faisais des détours, et j’avais la boule au ventre dès que j’approchais de chez moi. Je l’ai encore des fois.

Cet événement, je ne l’ai raconté qu’à très peu de personnes juste après que ce soit arrivé. Mon meilleur ami, son père car il était présent, mon copain de l’époque et ma meilleure amie. Je ne l’ai dit ni à mes parents, ni à ma petite sœur pour ne pas les inquiéter. Et mes parents qu’auraient-ils pu faire ? Je n’ai rien, aucune preuve.

Et je ne supporte pas ce sentiment d’impuissance, de ne pas pouvoir me protéger, de ne pas savoir comment réagir. Quand je sors seule, dans des endroits « à risque » ou que je porte des vêtements comme des jupes ou autres à l’extérieur, j’ai toujours une bombe de laque avec moi. Pour mes cheveux bien sûr. J’emporte toujours mon portable, la batterie la plus pleine possible, au cas où.
Et j’ai peur. Je stresse quand j’entends un ou des hommes marcher derrière moi, quand un homme est trop proche de moi, je baisse les yeux pour éviter d’en croiser d’autres et de laisser croire à une invitation,… Ça peut sembler à une obsession, mais c’est devenu une habitude. A force, je ne remarque presque plus ces petites stratégies d’évitement mises en place pour être le plus invisible possible. Et, des fois, quand je remarque que des mecs parlent de moi, me reluquent, je m’inquiète et je me demande, mais qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que je fais de mal ? Où est le problème ?

J’aimerais que ça change, pouvoir être plus en confiance quand je sors, que les mentalités évoluent. Et j’espère que ça arrivera le plus vite possible. Pour moi, pour celles avant moi, pour celles après moi, pour nous toutes.

Non, les lolitas ne sont pas des folles !

La mode lolita est une mode particulière dans le sens où elle n’est pas extrêmement connue ni présente en France. Elle peut donc être la source d’interrogation voir de moquerie pour des personnes ne la connaissant pas. En tant que lolita, nous avons toutes et tous été confronté à ce problème de méconnaissance, que l’on soit lifestyle ou que l’on sorte ses items que pour des meetings.
Ce problème relève un tout autre niveau de complexité lorsqu’il s’agit d’expliquer notre passion pour le lolita à… – musique dramatique et roulement de tambour- nos parents.
Car malgré nos certitudes de femmes belles et rebelles, devant la figure parentale, il arrive que notre courage flanche, que les arguments manquent. Mais rassurez-vous, mères estomaquées et pères prêts à protéger votre chère progéniture de ce qui vous paraît être une absolue démence, nous ne sommes pas folles !
Voici quelles idées reçues erronées qui ne manquerons pas de vous rassurer !

 

1) Le lolita, c’est un retour à l’enfance et aux contes de fées

Le lolita a des codes vestimentaires empruntés à des modes historiques, mais ce n’est pas pour ça qu’on se prend pour des princesses ! Et ce n’est pas parce que l’on porte des robes roses qu’on régresse aux baigneurs de notre enfance. Loin d’être un retour en arrière dans notre développement, le lolita peut présenter au contraire le choix pour celle qui le porte de vouloir mûrir en restant décente  et élégante dans sa tenue. Après tout, une tenue lolita cache les épaules et descend jusqu’aux genoux, si ce n’est en dessous ! On est bien loin des débardeurs à décolleté plongeant et des jupes moulantes qui composent régulièrement la mode « actuelle ».

2) C’est fait pour attirer le regard, pour provoquer les gens normaux

Forcément, entre toutes les silhouettes filiformes qui se pressent dans les villes, une silhouette enjuponnée c’est visible. Le noir ça flash sur le blanc, mais ça marche aussi avec une robe colorée parmi des jeans noirs. Mais est-ce une preuve qu’on cherche à ce que les personnes nous jettent des coups d’œil ?
Si on porte des vêtements, c’est d’abord qu’ils nous plaisent et qu’on se sent bien avec, pas pour faire réagir l’inconnu que l’on croisera dans la rue. Nos vêtements sont en quelque sorte le reflet de notre esprit.

3) Porter un jupon ? Après tout ce qu’on fait les femmes pour s’en libérer, pourquoi s’en encombrer à nouveau ?

Ah le jupon. Je me demande si ce n’est pas LA caractéristique du lolita qui fait criser les parents. Entre les « Mais tu as vu la taille de ton cul ! » et les « Tu n’arriveras pas à passer les portes avec ÇA ! », notre ego déguste (ne surtout pas oublier l’appui sur le « ÇA », c’est que qui fait le charme de cette exclamation!) ! (Mesdemoiselles, si vous en avez d’autres tout aussi succulentes, je les attends dans les commentaires !)
Monsieur le papa, ne vous focalisez pas dessus.
Le jupon, s’il nous fait un tour de taille important, dont on sait  que le volume est factice, donne l’illusion d’une taille plus fine et cache nos gros jambons, ne laissant paraître que nos mollets fuselés ! N’est-ce pas parfait ?
Et porter un jupon… C’est juste une impression géniale. Il faut tester pour comprendre, mais une fois essayé on ne peut plus s’en défaire !

4) Du lolita dehors ? C’est une incitation à se faire agresser !

Que celle qui ne se soit pas faite sifflée ou abordée lorsqu’elle portait jean/veste lève la main ! Personne ? Et bien je crois qu’être habillé « normalement » suffit largement à une provocation « basale » (j’entends par là suffisante pour se faire draguer en toute légèreté). Personnellement, je n’ai jamais été embêtée lorsque je me promenais en lolita, et je ne crois pas que les autres lolitas soient plus victimes d’agression ou de dérangement à cause de leur tenue. Ce serait plus l’effet inverse, les légers dragueurs évitant de nous héler.
Monsieur, rangez votre batte, votre fille n’est pas plus en danger que les autres filles de son âge.

5) Ce n’est qu’un caprice adolescent montrant qu’elle n’est pas encore mature

Si votre enfant est jeune, le lolita ne peut être qu’une passion adolescente qui s’estompera au fil du temps. Mais elle peut aussi être une passion durable. Même si la moyenne d’âge des lolitas françaises doit être inférieure à vingt ans, beaucoup sont passionnées depuis des années et nous avons de nombreuses lolitas adultes.
La passion pour le lolita n’est pas non plus une question de maturité. On peut être très mature et mettre tous les jours son jupon, ce n’est pas incompatible ! Il faut savoir que la communauté lolita française est très hétérogène, que ce soit en âge, culture, points de vue ou situation sociale telle que les types d’études suivies.

6) C’est une mode vestimentaire, elle ne tirera aucun enseignement de sa passion

Le lolita est une mode vestimentaire, mais un état d’esprit s’en dégage. Les lolitas françaises échangent beaucoup via des forums et des groupes, sur des sujets très divers, parfois très éloignés de la mode lolita en elle même. Les meetings ayant lieu permettent de rencontrer de nouvelles personnes, d’autres manières de penser.
De plus, le lolita n’est pas qu’une mode commerciale, le fait main est souvent plébiscité. On peut trouver plein de tutoriels sur internet et apprendre énormément ! Et Madame, avouez qu’avoir une fille qui sait utiliser une machine à coudre quand d’autres ne savent qu’à peine faire des points droits, ça a une certaine classe.

 

Le lolita ne fait de votre enfant une folle, mais peut lui apporter énormément de choses qui lui seront utiles dans la vie. si vous avez encore des idées reçues ou des interrogations, questionnez votre fille, informez-vous, il n’y a que comme ça que vous comprendrez son point de vue. Et souriez ! Votre fille a une passion, soutenez-la !

Madame, Monsieur, si vous avez lu jusqu’ici, merci beaucoup. C’est quelque chose d’important à mes yeux de faire comprendre à ses proches sa passion. J’espère qu’à présent vos idées sont plus claires !

Mesdemoiselles, si vous voyez d’autres choses à rajouter, signalez-le moi ! Merci beaucoup de votre attention.

 

 

Pour aller plus loin :
– Le documentaire Lace & Petticoats (en anglais)
Introduction au Lolita, article paru sur le blog

Adulte, un jour ?

« Mais quand seras-tu enfin adulte ? »
Question récurrente des parents, de plus en plus fréquente au fil des années.

Six ans, âge de raison.
« Tu es une grande maintenant, ma fille. »
Grande, qu’est-ce que ça veut dire ?

Dix ans plus tard, tu es préparée pour ta majorité.
« Dans peu de temps tu seras adulte, prend tes responsabilités ! »

Puis vient le moment tant attendu et redouté à la fois : la majorité.
Mais, suis-je vraiment adulte ? En ai-je vraiment la maturité, le comportement ?

Le temps continue de passer, la vie aussi, et ces questions trottent toujours dans ma tête.
Puis-je me juger comme adulte ? Ai-je vraiment changé ces dernières années ? Ma vie elle, a été bouleversée. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de différent ?
Je ne suis pas tout à fait adulte, mais plus une enfant. Mon comportement juvénile est toujours là, caché derrière une couche de maturité.
Je serai adulte, un jour.